Que celle qui n’a jamais tenté de bloquer du temps pour elle via un évènement Google lève la main ?
On se sait.
L’heure existe dans l’agenda. Elle a même un nom : « Moi ». Ou « Temps pour moi ». Ou juste un bloc vide, parce qu’on n’a pas osé écrire « ne rien faire » noir sur blanc.
Et puis un mail. Une machine à lancer. Un appel oublié. Un colis à récupérer.
Et l’heure disparaît.
Mais le soir venu, ce n’est pas l’agenda qu’on accuse. C’est soi. Prendre soin de soi culpabilité : le combo qu’on n’avait pas commandé.
Le temps n’est pas le problème
On dit souvent que le problème, c’est le temps. Qu’il faudrait juste mieux s’organiser, apprendre à prioriser, dire non, déléguer, avoir une meilleure routine – rayer la mention inutile. Comme si quelques menus ajustements pouvaient suffire. Tu sais, le genre de chantier qui prend une vie à ne jamais vraiment finir.
Mais si le problème n’était pas là ?
Quand le soin est devenu une performance
Autrefois, prendre soin de soi évoquait quelque chose de simple. Un bain, une promenade, une soirée à ne rien faire de particulier, des vacances.
Aujourd’hui ça ressemble à ça : morning routine, routine skincare, routine sommeil, routine sport, routine journaling, méditation guidée, dix mille pas, pages du matin, écran interdit après 21h.
Le soin est devenu une performance. Et la culpabilité de ne pas s’en occuper correctement, une charge mentale supplémentaire.
Ce n’est pas un hasard si on a commencé à parler du bien-être exactement comme d’un travail. Efficacité, méthode, résultats. L’industrie du bien-être pèse plus de 5 000 milliards de dollars dans le monde et elle a tout intérêt à ce qu’on ne se sente jamais tout à fait à la hauteur.
Sauf qu’une case cochée, ce n’est pas du repos. Et une routine bien-être qui devient une contrainte, ce n’est plus du bien-être.
Le problème n’est pas qu’on ne prend pas assez soin de nous. Le problème, c’est que prendre soin de soi est devenu une tâche de plus.
Prendre soin de soi sans culpabilité : par où commencer
Alors comment on sort de là ?
Pas avec une nouvelle routine. Pas avec un meilleur agenda.
Peut-être juste en commençant à remarquer. Remarquer quand le « temps pour soi » ressemble davantage à une obligation qu’à une envie. Pointer ce qu’on ferait si personne ne notait si on l’avait fait. Comprendre la différence entre se faire du bien et se faire du mal à se faire du bien.
Prendre soin de soi sans culpabilité, ça commence souvent là : pas par une nouvelle méthode, mais par une question plus honnête sur ce dont on a vraiment besoin.
Ce n’est pas grand-chose. Et en même temps, c’est un début de quelque chose.
Ce n’est pas toi. C’est comment on t’a appris à y penser.
Peut-être que la prochaine fois que tu rates ton heure bloquée dans l’agenda, tu te souviendras de ça.
Ce n’est pas toi qui fais mal. C’est la manière dont on t’a appris à y penser. Comme quelque chose à réussir, à tenir, à optimiser. Un projet parmi tant d’autres. Avec ses exigences, ses standards, sa culpabilité intégrée.
Et si ce n’était pas une question d’organisation ? Si c’était plutôt une question de permission ?
C’est la question qui a donné naissance à Lubee, un espace d’exploration pour celles qui veulent commencer par là, plutôt que par une nouvelle routine.
Lubee explore ce qu’on remet à demain, dont prendre soin de soi sans la culpabilité qui va avec. L’exploration #1 « Pas une lubie » commence le 31 juillet.